Scénographie

Scénographie, mise en scène et direction d’acteurs contribuent à proposer un spectacle dynamique, mettant en valeur le propos porté par la langue claire et forte de l’auteur et de sa traductrice, ceci sans l’alourdir et loin de tout pathos. La mise en scène guide les comédiens vers un jeu épuré et intense, moderne. La direction d’acteurs privilégie les émotions et donne à entendre clairement le texte. Des costumes intemporels, sobres ; un minimum d’accessoires pour mettre en valeur la spécificité de chacun des personnages. Une musique originale, créée spécialement pour Fabula, sur un instrument original, le cristal Baschet (voir biographie du musicien) participe aussi à l’étrangeté de l’ambiance. Chaque spectateur « lira », la pièce à son niveau: artistique, culturel, social, politique (au sens la politique = politis, la vie de la cité).

Il ne s’agit pas d’une reconstitution historique mais de la création d’un univers intemporel dont le spectateur pourrait vivre aujourd’hui les bouleversements, dont il pourrait rencontrer les personnages … à cela près qu’il s’agit ici d’un monde où le magique existe.

Le décor propose un lieu unique : la place du bourg, où se déroulent tous les événements bouleversant l’harmonie et l’équilibre de ce village prospère. Les spectateurs se trouvent face à cette place, les portes de la ville étant ouvertes. A jardin : on devine l’arrondi des remparts protégeant les maisons du bourg. A cour : l’église, avec son confessionnal et la cellule de l’abbé. Au centre du plateau, le maelstrom de toutes les tensions: la chaire de l’abbé, le siège du conseil des échevins … c’est là que sont commis les agressions, les crimes.

Cinq personnages principaux font vivre l’histoire, soutenus par un choeur de villageois. Ce choeur « vit » grâce à l’animation des comédiens (masques/voix). Un dispositif scénique spécifique assure sa présence permanente en scène, rendant évidents son caractère troublant et sa participation à l’action : une structure portant les masques symbolisant le choeur et permettant aux acteurs d’aller décrocher des masques ou de jouer avec leur présence fixe. Ainsi le choeur épie-t-il continuellement les faits et gestes de chacun dans le bourg. Les comédiens prêtent de nouvelles voix, grotesques, paillardes, à ses commentaires triviaux ou humoristiques.

Le spectateur est placé à la porte de la ville, en observateur, dans l’attente d’y pénétrer. La première entrée des personnages se fait depuis les gradins, intégrant ainsi le public dans un espace entre la ville (la scène) et l’extérieur. Au final, le spectateur est exclu de cette histoire en voyant les portes de la ville se fermer devant lui.

  • La scénographie est conçue initialement pour une scène de 10m d’ouverture et 7m de profondeur, avec petite forme à 5m de profondeur.
  • Elle recrée une profondeur arrière, un lointain (qui peut disparaître lorsque la ville se referme) par la lumière, la projection de l’ombre d’objets derrière un tulle ou un velum.
  • La lumière prend en compte l’univers médiéval, en travaillant principalement à recréer l’éclairage à la bougie (selon normes de sécurité en vigueur).